Les 41 questionsqu’on nous pose.

Des réponses courtes, dans l’ordre où les questions se posent vraiment.

Le doute légitime

Est-ce que Liaison mixe à ma place ?

Non, et il ne peut pas techniquement. Liaison n'envoie aucune commande à ton logiciel de mix : il lit ce qui est chargé sur tes decks, et c'est tout. Pas de lecture automatique, pas de synchro, pas de fondu déclenché. Tu peux le débrancher au milieu d'un set, il ne se passe rien. Ce qu'il fait, c'est te montrer cinq titres de TA bibliothèque qui s'enchaînent avec celui qui tourne, en disant pourquoi : tonalité, écart de tempo, saut d'énergie. La décision reste entièrement la tienne.

Est-ce que ça va formater mon style ? Tous les DJs vont jouer pareil ?

C'est l'inverse qui se produit, et c'est mesurable. Liaison observe ce que tu joues APRÈS chaque suggestion, surtout celles que tu ignores, et déplace ses six critères vers les tiens. Un DJ house qui tient l'harmonie au demi-ton et un DJ de mariage qui saute de 95 à 128 BPM n'obtiennent pas les mêmes propositions au bout de quarante enchaînements. Rien ne bouge avant douze morceaux joués, tout est borné, et tu peux tout effacer d'un bouton.

Je mixe depuis quinze ans, à quoi ça me sert ?

À rien pendant les deux premières heures : tu connais ta bibliothèque. Ça sert à 3 h du matin, quand un morceau que tu avais oublié depuis six mois remonte parce que sa tonalité et son tempo collent. Ça sert quand une mariée réclame un titre que tu n'as pas préparé. Ça sert quand tu remplaces quelqu'un au pied levé sur une soirée qui n'est pas ton style. Un DJ expérimenté l'utilise deux fois par set, et ce sont ces deux fois-là qui comptent.

Compatibilité

Quels logiciels de mix sont compatibles ?

Serato DJ Pro, Traktor Pro, VirtualDJ et rekordbox, sur macOS 10.15 et plus, et Windows 10 et 11. Serato, Traktor et VirtualDJ fonctionnent sans aucun matériel : Liaison lit leur session en direct. rekordbox est le cas particulier : voir la question suivante.

Pourquoi rekordbox demande-t-il du matériel ?

Parce que rekordbox n'écrit nulle part le morceau en cours de façon lisible : sa base est chiffrée, et Liaison ne la déchiffre pas. Le morceau passe en revanche sur le réseau Pro DJ Link dès qu'un CDJ, un XDJ ou un DJM est branché, et là, Liaison le lit, avant même que le morceau soit joué. Sans matériel Pioneer sur le réseau, il reste la loupe du widget : tu tapes deux lettres, tu déclares le morceau, et tout le reste fonctionne.

Faut-il du réseau pendant la soirée ?

Non. L'analyse, le moteur et ta bibliothèque sont entièrement locaux : les suggestions ne passent jamais par le réseau. Liaison a besoin d'Internet pour vérifier ta licence (elle reste valable trente jours hors ligne après une vérification) et, si tu ouvres une session invités en ligne, pour que les téléphones en 4G puissent déposer leurs demandes. Sans Internet, cette page passe toute seule sur le Wi-Fi du lieu.

Ta bibliothèque

Est-ce que mes morceaux quittent ma machine ?

Jamais. Aucun fichier audio n'est envoyé nulle part, et il n'y a pas de compte à créer. L'analyse (tempo, tonalité, énergie, points de mix) est calculée sur ton ordinateur. Ce qui transite vers le serveur, c'est ta clé de licence et un identifiant de machine, au moment de l'activation. Et, seulement pendant une session invités en ligne, les titres et artistes que les invités peuvent chercher (aucun fichier, aucun chemin), effacés 48 heures après la soirée.

Combien de temps prend la lecture de ma bibliothèque ?

Quelques secondes si ton logiciel de mix a déjà analysé tes morceaux : Liaison lit sa base plutôt que de refaire le travail. Sur un dossier de fichiers bruts, comptez une à deux heures pour vingt mille titres, une seule fois. Le résultat est gardé d'une session à l'autre : au deuxième lancement, c'est instantané, et ajouter dix morceaux coûte dix lectures, pas vingt mille.

Liaison modifie-t-il mes fichiers ou ma base rekordbox ?

Non. Liaison lit, il n'écrit jamais dans tes fichiers ni dans la base de ton logiciel de mix. Même quand il détecte qu'un tempo est faux, il te le montre et te laisse corriger : c'est ta bibliothèque, elle est le travail de plusieurs années.

Où est stockée la bibliothèque de Serato ?

Dans un dossier _Serato_ à la racine de ton dossier Musique : ~/Musique/_Serato_/database V2 sur macOS, %USERPROFILE%\Music\_Serato_\database V2 sur Windows. C'est un fichier binaire qui porte chemins, titres, BPM, tonalités et points de repère. Le sous-dossier Subcrates contient un fichier par crate, et History l'historique de tes sessions. C'est tout ce dossier qu'il faut sauvegarder : il est petit et il contient des années de rangement.

Comment exporter sa collection rekordbox en XML ?

Dans rekordbox : Fichier, puis Exporter la collection au format xml. Tu choisis où le fichier atterrit : Musique ou le Bureau. Un export de vingt mille titres pèse quelques mégaoctets et contient les BPM et les tonalités tels que rekordbox les a calculés. Attention : un export est une photo, pas un lien. Tout ce que tu ajoutes, supprimes ou réanalyses après n'y figure pas, et c'est la cause numéro un des morceaux qui restent proposés par un outil tiers alors que tu les as retirés de ta collection.

Pourquoi rekordbox ne laisse-t-il pas lire sa bibliothèque ?

Parce que rekordbox 6 et 7 gardent leur collection dans une base chiffrée. Ce n'est pas un oubli, c'est un choix de Pioneer, et la déchiffrer demanderait d'extraire une clé du logiciel, ce qui n'a pas sa place dans un produit qu'on vend. La voie prévue est l'export XML, que Pioneer propose justement pour travailler avec d'autres outils.

Que faire quand un BPM est faux dans sa bibliothèque ?

D'abord savoir d'où vient le chiffre. Un BPM posé par rekordbox, Serato, Traktor ou VirtualDJ vient d'une analyse qui a servi à construire une grille de temps : le corriger à la main casse cette grille. Un BPM venu d'un champ iTunes ou d'un tag ID3 est une saisie que personne n'a vérifiée : c'est de là que viennent la plupart des tempos franchement faux. Corrige les seconds, et pour les premiers relance une analyse dans le logiciel qui a posé la grille.

Combien de morceaux faut-il pour jouer un mariage ?

Entre mille cinq cents et trois mille titres bien rangés suffisent largement, et valent mieux que vingt mille mal tagués. Ce qui compte n'est pas le nombre mais la capacité à trouver le bon titre en dix secondes : des tempos justes, des genres écrits de la même façon partout, et aucun morceau fantôme qui apparaît dans une recherche mais ne se charge pas.

Faut-il analyser toute sa bibliothèque avant une soirée ?

Non, et c'est même une mauvaise idée la veille : une analyse complète de vingt mille titres prend des heures et monopolise la machine. Ce qui doit être analysé, ce sont les morceaux que tu vas jouer. Une analyse en tâche de fond qui traite en priorité le morceau en cours et ce qui est proposé règle le problème : au bout de trois heures de set, tu n'auras jamais eu besoin des vingt mille, seulement des deux cents autour de ce que tu jouais.

Prix et licence

Et si mon essai se termine avant que j'aie joué une soirée ?

Il ne se termine pas. Les sept jours sont un plancher, pas une limite : tant que tu n'as pas joué deux vraies soirées avec Liaison, l'essai reste ouvert, automatiquement, sans rien demander. C'est même tout l'objet : ce que Résident ouvre, ce sont les outils de soirée : les listes du client, le QR des invités, la tracklist à déclarer, le débrief. Rien de tout ça ne se juge un mardi soir chez soi. Un DJ de mariage joue deux à quatre fois par mois, donc une semaine de calendrier fait souvent zéro soirée réelle. Une vraie soirée, pour Liaison, c'est au moins huit titres enchaînés sur au moins trois quarts d'heure : brancher son contrôleur cinq minutes un mardi ne consomme pas ton essai. Au-delà de deux mois, il se ferme quand même : passé ce délai, ce n'est plus un essai.

Le débrief de fin de soirée, il est payant ?

Il fait partie de Résident, mais le premier t'est offert, une fois, sur une vraie soirée à toi. La raison est simple : personne ne peut juger sur une capture d'écran ce que valent les chiffres de SA soirée : la courbe d'énergie réellement jouée, l'heure du pic, la part de chaque famille de genres, les trois meilleurs enchaînements, les demandes reçues contre les demandes jouées. Tu le vois une fois, en vrai, et tu décides.

Combien ça coûte ?

Il n'y a pas de formule gratuite permanente, et c'est assumé : on a préféré le prix d'entrée le plus bas possible à un gratuit amputé. Le pass soirée coûte 4,95 € et couvre 48 heures, et non 24, parce qu'une soirée commencée samedi 19 h se termine dimanche 5 h. Il ouvre tout : le moteur, les points de mix, le QR des invités, les listes du client. Sans abonnement, rien à résilier. Résident coûte 14,95 € par mois (ce prix ne bouge pas) ou 134 € à l'année, soit 11,17 € par mois. Collectif est à 44,95 € par mois, ou 404 € à l'année, jusqu'à cinq DJs. Trois soirées au pass coûtent déjà le prix d'un mois de Résident : tu fais le calcul tout seul. L'essai complet dure 7 jours, sans carte bancaire.

Pourquoi 4,95 € seulement, et pas d'abonnement obligatoire ?

Parce qu'un DJ qui joue trois mariages par an n'a aucune raison de payer douze mois. La raison pour laquelle on peut descendre aussi bas est technique : le moteur tourne sur ta machine. Produire une suggestion ne nous coûte ni serveur, ni bande passante, ni électricité, donc vendre 48 heures pour le prix d'un café ne nous met pas en danger. Un outil qui calcule sur ses propres serveurs ne peut pas faire ça : chaque suggestion lui coûte, donc il doit facturer un abonnement et rationner. Aucune publicité, aucune revente de données, aucun compte à créer. Il n'y a rien à revendre : ta musique et tes sets restent sur ta machine.

Puis-je l'installer sur mon portable et sur ma machine de cabine ?

Oui : la formule Résident couvre deux machines. Tu peux préparer une soirée chez toi et arriver avec la même bibliothèque, les mêmes fiches et le même apprentissage. Si tu changes d'ordinateur, un bouton libère la machine et rend le siège.

Que se passe-t-il si j'arrête l'abonnement ?

Rien n'est supprimé. Ta bibliothèque analysée, tes fiches soirées et ton historique de sets restent sur ta machine : ils ne vivent pas dans l'application. Le widget continue de proposer un enchaînement ; les sessions invités et le rejeu de set se ferment. Reprendre un abonnement rouvre tout exactement là où c'était.

Au quotidien

Comment fonctionnent les demandes des invités ?

Les invités scannent un QR code avec l'appareil photo : la page s'ouvre en 4G ou sur le Wi-Fi du lieu, sans compte ni application à installer. Ils cherchent dans ta bibliothèque, fautes de frappe comprises, déposent une demande et la voient passer de « en attente » à « passé ✓ ». Cinq demandes par téléphone maximum, et quatre-vingt-dix secondes entre deux (réglables). Toi, tu vois la liste triée par nombre de personnes distinctes qui l'ont demandé, et tu décides. Ton QR ne change jamais : imprime l'affiche une fois, pose-la sur chaque table. Chaque soirée repart à zéro.

Comment installer une mise à jour ?

Il n'y a rien à désinstaller. Sur Mac, tu glisses la nouvelle version dans Applications et tu remplaces l'ancienne ; sur Windows, l'installeur passe par-dessus. Réglages, bibliothèque analysée, fiches soirées, historique et licence sont conservés. Tu n'as pas non plus à surveiller le site : l'application prévient elle-même quand une version plus récente existe, et rien ne s'installe sans toi.

Pourquoi macOS dit-il que le développeur n'est pas identifié ?

Parce que Liaison n'est pas signée par un certificat Apple payant. C'est le message standard pour toute application distribuée hors de l'App Store, et il ne dit rien sur ce que fait le logiciel. À la première ouverture : clic droit sur l'application, puis Ouvrir. Une seule fois. Sur Windows, SmartScreen demande Informations complémentaires puis Exécuter quand même.

Enchaîner deux morceaux

Quel écart de BPM maximum entre deux morceaux ?

Trois pour cent pour un mix qui ne s'entend pas, six pour cent au maximum si tu tires le morceau. À 128 BPM, ça donne 124 à 132. Au-delà, le pitch commence à s'entendre : les voix montent et la grosse caisse s'amincit. Plus de six pour cent, ce n'est plus un mix, c'est une coupure, ce qui est parfois exactement le bon choix, mais il faut le décider.

Comment savoir si deux morceaux vont bien ensemble ?

Dans cet ordre : le tempo doit être à moins de trois pour cent, le style doit appartenir à une famille voisine, et la tonalité doit être identique ou à un cran sur la roue de Camelot. Ajoute deux vérifications que personne ne fait : est-ce que le morceau garde la piste en mouvement, et est-ce que tu ne viens pas de jouer le même artiste. Si deux critères se contredisent, le tempo gagne toujours : une dissonance ne s'entend que du DJ, un décalage de tempo s'entend de tout le monde.

Peut-on mixer un morceau à 70 BPM avec un morceau à 140 ?

Oui, c'est le demi-temps : le même rythme compté autrement, donc parfaitement calable. Mais ça ne marche qu'entre familles où ça se pratique : drum and bass et hip hop, trap et house. Un slow à 64 BPM sous un disco à 128 est arithmétiquement juste et musicalement catastrophique : le tempo colle, et la piste se vide quand même parce que ce n'est plus la même musique.

Quand faut-il lancer le morceau suivant ?

Assez tôt pour que la batterie du morceau qui arrive tombe pile quand celle du morceau en cours s'en va. On calcule à l'envers : tu repères la fin de la partie rythmique du morceau A, tu mesures la durée de l'intro de B avant que sa batterie entre, et tu recules d'autant. Puis tu ramènes ce point au début de phrase le plus proche EN ARRIÈRE, jamais en avant, sinon tu risques un trou sans batterie, la seule faute qui vide une piste en trois secondes.

Pourquoi faut-il basculer les basses pendant un mix ?

Parce que deux lignes de basse en même temps donnent de la boue, et c'est physique : les basses fréquences consomment presque toute l'énergie du signal, et deux sources s'additionnent en saturant sans rien gagner en clarté. Le filtre passe-haut monte sur le morceau sortant pendant que celui du morceau entrant redescend, au moment où le second prend le dessus. En cas de doute, bascule tôt : un morceau sans basses pendant huit mesures reste écoutable, deux basses ensemble non.

C'est quoi une phrase, en mixage ?

Un groupe de huit ou seize mesures (trente-deux ou soixante-quatre temps) au bout duquel le morceau change de caractère : un filtre s'ouvre, une voix entre, la batterie disparaît. Personne ne les compte sur la piste, et tout le monde les sent. C'est pour ça qu'un mix lancé au milieu d'une phrase sonne faux même quand les deux tempos sont parfaitement calés. À 128 BPM, une phrase de seize mesures dure trente secondes.

Tonalité et mixage harmonique

Que veut dire 8A sur un morceau ?

8A est une notation Camelot : le chiffre donne la position sur le cycle des quintes, la lettre donne le mode : A pour mineur, B pour majeur. 8A correspond à La mineur, 8B à Do majeur. Deux morceaux qui portent le même chiffre, ou des chiffres voisins, partagent presque toutes leurs notes et s'enchaînent sans frotter.

Quelle est la différence entre Camelot et Open Key ?

Les deux codent exactement la même roue, avec un décalage de sept crans. Open Key 1m vaut Camelot 8A, soit La mineur. Pour convertir d'Open Key vers Camelot : ajoute 7, reviens à 1 après 12, et remplace m par A et d par B. Le danger n'est pas la conversion, c'est de mélanger les deux dans une même bibliothèque : 8A et 8m ne désignent pas la même tonalité et se ressemblent assez pour qu'on s'y trompe.

Le mixage harmonique est-il obligatoire ?

Non, et il est le critère le plus surévalué des cinq. Deux raisons concrètes : sur une bibliothèque de mariage, la moitié des morceaux n'a aucune tonalité taguée, et un critère qui ne s'applique qu'à la moitié des candidats ne peut pas être le premier. Et la tonalité ne compte vraiment que sur un recouvrement long. Sur une coupure ou un fondu de huit temps, une dissonance n'a pas le temps d'exister.

Pourquoi mon logiciel affiche-t-il une tonalité fausse ?

Trois causes, toujours les mêmes. La grosse caisse : dans le grave, l'analyse ne distingue pas assez finement les hauteurs, et l'outil note la hauteur du kick au lieu de l'harmonie, d'où un petit groupe de tonalités anormalement fréquent dans toute la bibliothèque. Le refrain : s'il est beaucoup plus fort, il décide pour tout le morceau. Et le relatif majeur : La mineur et Do majeur contiennent les mêmes sept notes, aucun comptage ne peut les distinguer. Mais cette erreur-là est bénigne, 8A et 8B s'enchaînent parfaitement.

Comment vérifier une tonalité sans savoir lire la musique ?

Lance le morceau et, par-dessus en pré-écoute, un morceau que tu sais être dans la tonalité annoncée. Si ça frotte, c'est faux. Tu n'as pas besoin de savoir laquelle est la bonne : tu as seulement besoin de savoir que celle-là ne l'est pas. Deuxième test, encore plus rapide : trie ta bibliothèque par tonalité. Si une ou deux valeurs écrasent toutes les autres, ce n'est pas un hasard de programmation musicale, c'est un biais de mesure.

En soirée

Comment relancer une piste qui se vide ?

Ne monte pas l'énergie d'un cran, change de repère. Une piste qui se vide ne demande pas plus fort : elle demande quelque chose qu'elle reconnaît en moins de huit mesures. Un titre très connu, dans une famille différente de ce que tu viens d'enchaîner, calé au tempo pour pouvoir entrer tout de suite. Et évite l'intro longue : à 2 h du matin, personne n'attend quarante-cinq secondes.

À quelle heure placer le pic d'une soirée ?

Environ deux heures après le début de la piste, et il ne doit pas durer plus d'une heure et demie. Un pic trop tôt laisse deux heures de descente ; un pic de trois heures n'est pas un pic, c'est un plateau, et la salle s'épuise. Le repère qui compte est l'heure de fin : un pic à 1 h du matin dans une soirée qui s'arrête à 2 h est un pic raté.

Comment gérer les demandes des invités sans casser sa soirée ?

Ne dis jamais non, dis dans un moment. Neuf fois sur dix la personne ne revient pas, et les fois où elle revient tu as eu le temps de trouver où placer le titre. Une demande qui revient trois fois n'est plus une demande, c'est une information sur la salle. Celle-là, joue-la. Et un titre demandé se place, il ne s'insère pas : il doit tomber à un moment où il tient, sinon c'est toi qu'on jugera, pas la personne qui l'a demandé.

Que faire quand on ne connaît pas le public ?

Traite les vingt premières minutes de piste comme un test, pas comme un spectacle. Commence par un titre que tout le monde reconnaît en deux secondes, puis change délibérément de famille à chaque morceau : un disco, une pop récente, un titre français. Tu ne cherches pas à construire, tu cherches à voir qui se lève. Regarde qui danse, pas combien, et note-le, parce qu'à 1 h du matin tu ne te souviendras plus de ce qui marchait à 21 h 30.

Faut-il préparer une playlist à l'avance ?

Prépare des blocs, pas une playlist. Une playlist linéaire suppose que la salle suivra ton plan, et à la troisième fois où tu sautes un titre ton ordre ne veut plus rien dire. Six ou sept blocs de vingt à trente minutes, chacun avec une identité et une plage de tempo, et chacun rempli de deux fois plus de titres que nécessaire. C'est ce sur-remplissage qui fait la différence entre choisir et subir.

Combien de temps dure un bon enchaînement ?

Une à deux phrases de recouvrement, soit trente à soixante secondes à 128 BPM. La faute la plus répandue n'est pas de sortir trop tôt, c'est de laisser traîner : le morceau sortant n'a plus rien à raconter, l'entrant est installé, et le DJ laisse tourner parce que ça marche encore. Au-delà de deux phrases, la salle entend deux morceaux au lieu d'un.

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Pour Peter Helliot

Mon père. Le premier DJ de la maison, celui qui savait déjà quel morceau venait après — sans widget, sans écran, sans rien.

Il a été mon exemple. Cette app vient de son idée : elle est née de ses nuits derrière les platines. Je suis très fier de lui.

Merci, papa.

Track 01 — face B